Voilà ce qui, au lendemain du pêché originel, devait être notre lot à toutes, pauvres pêcheresses... Tout ça parce qu'une gourdasse nudiste s'est laissé embobiner par un beau parleur (au passage, comme dans la plupart des scénarios à l'américaine... je dis ça, je dis rien...). Donc la bécasse, elle croque la pomme, et nous on se retrouve à insulter l'anéthésiste parce que sa foutue péridurale ne fonctionne qu'entre la deuxième et la troisième lombaire côté gauche et avec le bras levé... Comme dirait ma tornade, mon mini moi de deux ans et demi, "c'est pas zuste"... Elle aurait pas juste pu tomber dans les vapes comme Blanche-Neige et attendre le baiser de son Prince Charmant celle-là ? En même temps, à bien y réfléchir, elle n'avait qu'une option, et comme il avait pas l'air fute fute le mec, c'est peut-être mieux comme ça.

Mais laissons la théologie de côté, et intéressons nous deux minutes à l'art délicat de la parturition (accouchement pour les profanes, Maître Capello sort de ce corps...). Contrairement à ce que la conclusion du précédent article pouvait te laisser croire, je ne suis pas un travello Brésilien aux cheveux azurs mais bel et bien une vraie femme livrée avec toutes ses options. Et de ce fait, j'ai eu la chance (et je sais qu'elle n'est pas donnée à tout le monde) de connaître la joie de porter et de donner naissance à trois beaux enfants (tous en vente à l'heure actuelle sur e-bay et le Bon coin, nom du vendeur @mereanonymeauborddelacrisedenerfs). Et tant qu'on en est à se faire des confidences, j'ai eu trois accouchements quasi parfaits, sans péridurale (l'anecdote de tout à l'heure n'était que pure fiction), moins de 4 heures de contractions... et je m'arrête là dans les détails sinon tu vas me maudire sur douze générations...

Mais alors ? A quoi se réfère donc le titre de cet article ? La réponse va sans doute te décevoir. Rien de très folichon, ni de très exotique... Il ne s'agit ici que de vulgaires pyjamas... Tout ça pour ça. Déshonneur sur moi, déshonneur sur ma famille, déshonneur sur ma vache... (attention une référence à un Disney s'est glissé dans ce paragraphe, si tu trouves, tu gagnes mon respect éternel). Bref, des pyjamas. Et comme indiqué dans le titre, j'en ai chié.

Question choix des patrons, patronnage et découpage des pièces, rien à redire. Si ça avait commencé à merder à ces étapes là, je crois que j'aurais couru chez DPAM, ou H&M, ça aurait réglé le problème vite fait bien fait. Voilà donc comment un soir de décembre (oui, oui, tu lis bien... décembre) je me suis retrouvée à découper trois pyjamas avec la ferme intention de les coudre le plus vite possible afin que ma dernière ne se pèle pas tout l'hiver dans ses pyjamas trop petits. Mais voilà, entre ce que je veux, et ce que je finis par faire, il y a un gouffre. Et ce n'est qu'au début du mois dernier que j'ai trouvé la ressource nécessaire pour me foutre un bon coup de pied aux fesses et m'y mettre pour de bon (et accessoirement la vision de ma fille dans ses pyj' manches trois-quarts et bermudas, hum hum...). Me voici donc partie dans de la confection à la chaîne. Je dégaine la surj', et sûre de moi, je me lance à fond les ballons, persuadée que ça sera du gâteau et qu'en trois coups de cuillère à pot, ça sera emballé et pesé. Comment te dire que d'une, ça ne s'est pas tout à fait passé comme je le voulais, et que de deux, j'ai faillit tout balancer dans ma poubelle tellement ça m'a gonflé... A tel point que je n'ai rien cousu d'autre pendant deux semaines tellement je voulais en finir mais que je n'arrivais plus à connecter tous mes neurones pour ne plus faire de bourdes.

Je ne vais pas te faire l'inventaire étape par étape mais je vais te les donner en vrac : problèmes de réglages de la surj' (je vais finir par y arriver), j'ai cousu un des pantalons à l'envers (va défaire un surjet...), expérimentation/ratage du col du premier pyj (le violet, qu'on appellera désormais "le crash test"), ratage de la ceinture qui a donné suite à un trou masqué par un appliqué également raté (crash test, on a dit)..., des décalages quasi sytématiques sous les aisselles et à toutes les jointures de coutures (si tu as une astuce, je prends), dernier col posé à l'envers (sur le pyj rouge et à fleurs, d'où le noeudnoeud pour cacher la zermi), et pour finir, la couture à 4 fils en faux safety du futal assorti à ce haut a réussi à craquer... Bref, quand t'as la loose, t'as la loose. Je ne devais pas être destinée à coudre des pyjamas. Ou alors, il va me falloir énormément d'entraînement avant de retenter l'expérience.

Au bout du compte, et malgré tous mes déboires, ces pyjamas, bien loins d'être parfaits, sont tout à fait portables. Et finalement, n'est-ce pas tout ce qu'on leur demande ? Je t'avoue que je n'aurais pas été contre un peu de perfection (comme moi quoi... ah ah ah), mais on ne peut pas tout avoir dans la vie il paraît. Et puis, les cris de joie de ma tornade se jetant sur ses pyj tous neufs en scandant "ma jama, ma jama", puis les serrant contre son coeur avec amour, finalement c'est bien suffisant pour nourrir l'autosatisfaction.

Trio de pyjamas Emilie (49)

Trio de pyjamas Emilie (39)

Patron : fall basic, modèle 12 du Ottobre 4/2013 en 92

Fournitures : jersey à fleur Ma Petite Mercerie, rouge du marché, jerseys velours (je ne me souviens plus d'où)

Trio de pyjamas Emilie (43)

J'ai également ajouté un gros appliqué en forme de coeur sur le "crash test" sur une suggestion de ma grande qui trouvait que le côté uni faisait vraiment trop vide... Et elle avait raison. Et j'aime le côté Bisounours que ça donne à ce haut. C'est tout ma petite tornade...

Trio de pyjamas Emilie (32)

Patron : Great triangle, modèle 2 du Ottobre 6/2013, en 92

Fournitures : les mêmes que pour les hauts

Comme tu peux le constater les deux bas en jersey velours n'ont pas de bracelets de cheville, mais je peux te jurer que j'ai essayé. Mais quand ça veut pas, ça veut pas. Et franchement, je voulais tellement en finir que j'ai préférer abandonner.

Trio de pyjamas Emilie (34)

Et puis, il y a quelques semaines, j'ai gagné une journée de liberté par semaine ! J'ai enfin trouvé une place en halte garderie pour mon mini moi. Une vraie bouffée d'oxygène. Sur la liste des fournitures il y avait bien évidemment une paire de chaussons. Sauf que ma sauvage aime vivre à poil et pieds nus, ce qui fait que je ne lui en ai jamais acheté. J'avais bien tenté une fois de lui coudre les ballerines de Citronaille, mais j'ai rien pigé aux explications. Et vu que je risquais de les coudre pour rien, j'avais lâché l'affaire. Mais là, ma fierté de mère ne pouvait pas se résoudre à aller en acheter en magasin. J'ai donc changé de tactique et donc de patron. J'ai suivi les explications du livre "A petits pas" (ultra simples et claires) et j'ai utilisé le patron de Petit Citron. En moins de trois heures ma petite tornade avait de nouveaux chaussons. Et contre toute attente, elle s'est jeté dessus avec amour et les porte sans rechigner. Trop contente je suis ;-)

Chaussons Emilie (11)

Patron : "A petits pas" et Petit Citron

Fournitures : coton de mon stock, simili cuir MT

Comme se sont mes premiers, il y a quelques erreurs de débutante : je n'ai pas retourné la semelle (en même temps avec du simili ça rend pas pareil qu'avec du cuir), j'ai doublé la semellle (à ne pas faire avec du cuir), j'ai mis la bande de talon à l'envers ET j'ai utilisé du simili, et forcément ma fille transpire dedans. Comme le patron est largement validé, j'ai acheté du cuir et je compte bien réitérer l'expérience.

Chaussons Emilie (1)

Chaussons Emilie (2)

Et maintenant, avalanche de photos !!! Je crois que ma fille adore poser... Une vraie graine de mannequin, ou de clown, au choix ;-)

Trio de pyjamas Emilie (4)     Trio de pyjamas Emilie (12)

Trio de pyjamas Emilie (13)     Trio de pyjamas Emilie (19)

Trio de pyjamas Emilie (22)     Trio de pyjamas Emilie (26)

Trio de pyjamas Emilie (27)     Trio de pyjamas Emilie (28)

Trio de pyjamas Emilie (51)     Trio de pyjamas Emilie (54)

Trio de pyjamas Emilie (55)

 

 

Bon, et puis, tu as dû te rendre compte que ça faisait un bout de temps que je n'étais pas passée par là. Même pas par manque de temps, mais je crois que je viens de traverser une grosse période de passage à vide. J'ai beaucoup crocheté, beaucoup agrandit la liste de mes en-cours... mais rien cousu. J'avais plein d'envies et de besoins, mais pas la niaque, l'impression d'avoir perdu le mojo, la crise quoi... 

Et je me suis réveillée ce matin, en me disant qu'il était temps de me mettre un nouveau coup de pied aux fesses, alors me revoilà, enfin, j'espère.

Allez Tschuss, et hauts les coeurs ;-)

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